En réponse à la Commission Bouchard-Taylor, on a implanté,
en 2008, le cours d'éthique et culture religieuse dans les programmes des écoles québécoises. Ce
cours obligatoire a pour objectif de « développer les aptitudes nécessaires au
vivre-ensemble dans le contexte d'une société diversifiée » (Boivin, 2010). En
défendant le pluralisme et le multiculturalisme, on veut inculquer aux enfants
un respect des différentes positions religieuses (Quérin, 2009).
Depuis son arrivée dans le programme éducatif et encore
aujourd'hui, le cours d'ÉCR est
grandement critiqué. D'abord parce qu'un tel cours va à contre-courant avec la
laïcisation du système scolaire québécois. Malgré la déconfessionnalisation de
ce dernier depuis 1998, on donne encore, en 2013, un cours qui, selon certains,
célèbre la religion « au détriment d'une vision naturaliste ou scientifique de
la vie » (Quérin, 2009).
Ensuite, on reproche au programme d'ÉCR de ne pas laisser
place à la critique. On demande aux enseignants de rester impartiaux et de corriger
les élèves qui auraient une vision plus critique à l'égard de certains aspects
abordés dans le cours, ce qui va à l'encontre de la responsabilité qu'a
l'enseignant de développer le sens critique de ses élèves (Boivin, 2010). De
plus, le programme s'abstenant d'explorer certains enjeux historiques et
sociaux liés à la religion, par exemple l'égalité homme/femme ou encore les
guerres de religion (Boivin 2010), je suis d'avis qu'on présente un portrait incomplet
et enjolivé de la religion. Le droit à la liberté de religion rend-il vraiment tout acceptable?
Enfin, alors que certains évoquent le fait qu'on ne peut
imposer un enseignement qui va à l'encontre des convictions des parents
(Phillips, 2011), d'autres voient le cours comme un obstacle à la quête
identitaire des jeunes et à leur parcours spirituel (Quérin, 2009). En effet,
la matière étant présentée de manière fragmentée et étant parfois
contradictoire avec l'éducation des parents (Phillips, 2011), il peut devenir difficile
pour des enfants de s'y retrouver. Pour ma part, je trouve que d'aborder la
culture religieuse avec de si jeunes enfants dans un cadre scolaire équivaut à leur
montrer que la religion est nécessaire à la définition de tout un chacun et que
la culture n'est qu'une question de religion.
En considérant ces nombreuses controverses, il est
primordial de prendre en compte les différents changements envisageables. Alors
que les plus catégoriques croient qu'on devrait retirer complètement
l'éducation religieuse des écoles et laisser ce rôle à la famille, les plus
mitigés proposent qu'on intègre l'aspect religieux aux autres cours du programme
et qu'on aborde distinctement l'aspect éthique dans un cours de philosophie
pour enfants par exemple (Boivin, 2010). Ainsi, la religion serait conçue comme
étant un facteur historico-culturel parmi d'autres et l'éthique comme étant une
entité autonome.
PHILLIPS, M. (2011). Cité dans: Le programme ECR en Cour suprême du Canada, relation de l'audience.
Repéré à: http://www.xn--pourunecolelibre-hqb.com/2011/05/le-programme-ecr-en-cour-supreme-du.html
BOIVIN, L. (2010). Éthique et culture religieuse - un cours
à retirer des écoles. Le Devoir, 23
juillet 2010. Repéré à: http://www.ledevoir.com/
QUÉRIN, J. (2009). Le
cours Éthique et culture religieuse : transmission des connaissances ou
endoctrinement ? Québec, Canada: Institut de recherche sur le Québec.
Repéré à: http://irq.qc.ca/ethique-et-culture-religieuse/
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