dimanche 27 octobre 2013

L'éthique et culture religieuse, une nouveauté controversée

En réponse à la Commission Bouchard-Taylor, on a implanté, en 2008, le cours d'éthique et culture religieuse dans  les programmes des écoles québécoises. Ce cours obligatoire a pour objectif de « développer les aptitudes nécessaires au vivre-ensemble dans le contexte d'une société diversifiée » (Boivin, 2010). En défendant le pluralisme et le multiculturalisme, on veut inculquer aux enfants un respect des différentes positions religieuses (Quérin, 2009).

Depuis son arrivée dans le programme éducatif et encore aujourd'hui, le cours d'ÉCR  est grandement critiqué. D'abord parce qu'un tel cours va à contre-courant avec la laïcisation du système scolaire québécois. Malgré la déconfessionnalisation de ce dernier depuis 1998, on donne encore, en 2013, un cours qui, selon certains, célèbre la religion « au détriment d'une vision naturaliste ou scientifique de la vie » (Quérin, 2009).

Ensuite, on reproche au programme d'ÉCR de ne pas laisser place à la critique. On demande aux enseignants de rester impartiaux et de corriger les élèves qui auraient une vision plus critique à l'égard de certains aspects abordés dans le cours, ce qui va à l'encontre de la responsabilité qu'a l'enseignant de développer le sens critique de ses élèves (Boivin, 2010). De plus, le programme s'abstenant d'explorer certains enjeux historiques et sociaux liés à la religion, par exemple l'égalité homme/femme ou encore les guerres de religion (Boivin 2010), je suis d'avis qu'on présente un portrait incomplet et enjolivé de la religion. Le droit à la liberté de religion  rend-il vraiment tout acceptable?

Enfin, alors que certains évoquent le fait qu'on ne peut imposer un enseignement qui va à l'encontre des convictions des parents (Phillips, 2011), d'autres voient le cours comme un obstacle à la quête identitaire des jeunes et à leur parcours spirituel (Quérin, 2009). En effet, la matière étant présentée de manière fragmentée et étant parfois contradictoire avec l'éducation des parents (Phillips, 2011), il peut devenir difficile pour des enfants de s'y retrouver. Pour ma part, je trouve que d'aborder la culture religieuse avec de si jeunes enfants dans un cadre scolaire équivaut à leur montrer que la religion est nécessaire à la définition de tout un chacun et que la culture n'est qu'une question de religion.

En considérant ces nombreuses controverses, il est primordial de prendre en compte les différents changements envisageables. Alors que les plus catégoriques croient qu'on devrait retirer complètement l'éducation religieuse des écoles et laisser ce rôle à la famille, les plus mitigés proposent qu'on intègre l'aspect religieux aux autres cours du programme et qu'on aborde distinctement l'aspect éthique dans un cours de philosophie pour enfants par exemple (Boivin, 2010). Ainsi, la religion serait conçue comme étant un facteur historico-culturel parmi d'autres et l'éthique comme étant une entité autonome.

Mes sources:

PHILLIPS, M. (2011). Cité dans: Le programme ECR en Cour suprême du Canada, relation de l'audience. Repéré à: http://www.xn--pourunecolelibre-hqb.com/2011/05/le-programme-ecr-en-cour-supreme-du.html

BOIVIN, L. (2010). Éthique et culture religieuse - un cours à retirer des écoles. Le Devoir, 23 juillet 2010. Repéré à: http://www.ledevoir.com/

QUÉRIN, J. (2009). Le cours Éthique et culture religieuse : transmission des connaissances ou endoctrinement ?  Québec, Canada: Institut de recherche sur le Québec. Repéré à: http://irq.qc.ca/ethique-et-culture-religieuse/

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